Borobudur, mandala de pierre

Borobudur : mandala de pierre

L Sacca

Par quel mystère le Borobudur, plus grand monument en pierre de toutes les îles d'Indonésie, édifié au coeur de Java entre la fin du VIIIe siècle et le milieu du IXe, fut-il abandonné, près d'un siècle après son achèvement, et pour les neuf siècles suivants? Par quels miracles successifs fut-il redécouvert par Sir Stamford Raffles, en 1814; les bas-reliefs de sa «base cachée» retrouvés par l'archéologue hollandais Izjermann en 1885; sa restauration entreprise par Van Erp à partir de 1907... jusqu'à ce qu'enfin sauvé, grâce à l'aide de l'Unesco, l'ensemble soit inauguré par le président de la République d'Indonésie, en 1983? Telles sont les questions que permet de poser la somme associant analyse d'un spécialiste et images récentes d'un photographe, présentant notamment en annexe un document exemplaire: la série de clichés prise entre 1907 et 1911 de la plupart des 1 640 bas-reliefs sculptés ornant les murs du Borobudur, scrupuleusement légendés pour mieux raconter toutes les histoires de ce livre de pierre.

La pyramide aux degrés surbaissés s'élève à environ 30 mètres de hauteur, sa base s'étendant sur 123 mètres de côté. Orientée selon les points cardinaux, chacune des faces est dotée d'une entrée centrale ouvrant un escalier axial. Un grand stûpa la surmonte, monument commémoratif de la mort de Bouddha, dont la forme rappelle une cloche, après une succession de quatre galeries carrées puis trois terrasses rondes que supporte un plateau. L'ensemble est taillé dans une andésite bistre, lave passant du gris à l'ocre selon la lumière, et ses sculptures devaient être colorées.

Ni temple, ni lieu de culte, ni sanctuaire, mais mandala de pierre puisque dans son plan carré s'inscrit un cercle, symbolisant à la fois la Terre et le ciel, il conduit le pèlerin dans sa «lente ascension vers l'Eveil spirituel». Au sommet, dans une spirale initiatique, il se trouve au «centre de l'univers, lequel, en définitive, n'est que le point de convergence de l'individu avec la Réalité cosmique, représentée par le stûpa central». Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les secrets progressivement dévoilés de son architecture. Elle superposerait trois mondes, celui des désirs, celui des apparences et le monde divin le plus élevé ­ l'auteur concluant toutefois qu'il faut «interpréter le monument tel qu'il se présente actuellement et non tel qu'on suppose qu'il aurait pu être». Ses bas-reliefs illustrent des textes souvent identifiés, passages de contes ou de la vie de Bouddha, pour leur valeur d'enseignement devenue part de rêve. Ainsi, «lorsque le jeune Siddhârta quitte subrepticement le palais de son père, les dieux soutiennent les sabots de son cheval afin d'éviter qu'il ne fasse du bruit et ne donne l'éveil». S'y ajoutent d'autres motifs décoratifs, tel ce makara, monstre tenant du tapir et du crocodile, crachant un chapelet de perles pour inciter le pèlerin sur le seuil à l'abandon des richesses matérielles. Et dans des niches ou à l'intérieur de stûpas ajourés en losange ou en carré, des statues de Bouddha, tous représentés de façon identique, sauf pour la mudrâ, ou geste des mains, qui varie selon leur exposition.

Résumé des croyances bouddhiques ayant cours à l'époque, le Borobudur détaille aussi la vie indo-javanaise contemporaine, accumulant jusqu'à vingt personnages pour un même panneau narratif, ainsi que de faune et flore ­ sans compter les innombrables Bouddha, Bodhisattva, dieux ordinaires, demi-dieux et êtres célestes, soit «tout le panthéon bouddhique des conceptions du Mahâyâna qui est ici montré, dans sa luxuriance et sa multiplicité».

Libre au lecteur de suivre l'auteur, guide délivrant avec clarté le sens de ce «centre cosmique», jusque dans son envolée finale: le Borobudur «symbolise l'esprit humain dans son unité comme dans sa diversité. Il est Chartres, il est le dôme du Roc, la Kaaba de La Mecque, la Thèbes antique, Delphes, Héliopolis, tous les lieux où souffle l'Esprit. Et il est également le Bouddha Lui-même». Du moins l'ouvrage lui aura-t-il donné auparavant les plus amples raisons d'admirer par quelle merveille se révèlent aujourd'hui encore les sculptures du Borobudur. Et sans doute aussi par quel miracle il parvient à rester un mystère.

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Borobudur : mandala de pierre

L Sacca

Par quel mystère le Borobudur, plus grand monument en pierre de toutes les îles d'Indonésie, édifié au coeur de Java entre la fin du VIIIe siècle et le milieu du IXe, fut-il abandonné, près d'un siècle après son achèvement, et pour les neuf siècles suivants? Par quels miracles successifs fut-il redécouvert par Sir Stamford Raffles, en 1814; les bas-reliefs de sa «base cachée» retrouvés par l'archéologue hollandais Izjermann en 1885; sa restauration entreprise par Van Erp à partir de 1907... jusqu'à ce qu'enfin sauvé, grâce à l'aide de l'Unesco, l'ensemble soit inauguré par le président de la République d'Indonésie, en 1983? Telles sont les questions que permet de poser la somme associant analyse d'un spécialiste et images récentes d'un photographe, présentant notamment en annexe un document exemplaire: la série de clichés prise entre 1907 et 1911 de la plupart des 1 640 bas-reliefs sculptés ornant les murs du Borobudur, scrupuleusement légendés pour mieux raconter toutes les histoires de ce livre de pierre.

La pyramide aux degrés surbaissés s'élève à environ 30 mètres de hauteur, sa base s'étendant sur 123 mètres de côté. Orientée selon les points cardinaux, chacune des faces est dotée d'une entrée centrale ouvrant un escalier axial. Un grand stûpa la surmonte, monument commémoratif de la mort de Bouddha, dont la forme rappelle une cloche, après une succession de quatre galeries carrées puis trois terrasses rondes que supporte un plateau. L'ensemble est taillé dans une andésite bistre, lave passant du gris à l'ocre selon la lumière, et ses sculptures devaient être colorées.

Ni temple, ni lieu de culte, ni sanctuaire, mais mandala de pierre puisque dans son plan carré s'inscrit un cercle, symbolisant à la fois la Terre et le ciel, il conduit le pèlerin dans sa «lente ascension vers l'Eveil spirituel». Au sommet, dans une spirale initiatique, il se trouve au «centre de l'univers, lequel, en définitive, n'est que le point de convergence de l'individu avec la Réalité cosmique, représentée par le stûpa central». Plusieurs hypothèses ont été avancées pour expliquer les secrets progressivement dévoilés de son architecture. Elle superposerait trois mondes, celui des désirs, celui des apparences et le monde divin le plus élevé ­ l'auteur concluant toutefois qu'il faut «interpréter le monument tel qu'il se présente actuellement et non tel qu'on suppose qu'il aurait pu être». Ses bas-reliefs illustrent des textes souvent identifiés, passages de contes ou de la vie de Bouddha, pour leur valeur d'enseignement devenue part de rêve. Ainsi, «lorsque le jeune Siddhârta quitte subrepticement le palais de son père, les dieux soutiennent les sabots de son cheval afin d'éviter qu'il ne fasse du bruit et ne donne l'éveil». S'y ajoutent d'autres motifs décoratifs, tel ce makara, monstre tenant du tapir et du crocodile, crachant un chapelet de perles pour inciter le pèlerin sur le seuil à l'abandon des richesses matérielles. Et dans des niches ou à l'intérieur de stûpas ajourés en losange ou en carré, des statues de Bouddha, tous représentés de façon identique, sauf pour la mudrâ, ou geste des mains, qui varie selon leur exposition.

Résumé des croyances bouddhiques ayant cours à l'époque, le Borobudur détaille aussi la vie indo-javanaise contemporaine, accumulant jusqu'à vingt personnages pour un même panneau narratif, ainsi que de faune et flore ­ sans compter les innombrables Bouddha, Bodhisattva, dieux ordinaires, demi-dieux et êtres célestes, soit «tout le panthéon bouddhique des conceptions du Mahâyâna qui est ici montré, dans sa luxuriance et sa multiplicité».

Libre au lecteur de suivre l'auteur, guide délivrant avec clarté le sens de ce «centre cosmique», jusque dans son envolée finale: le Borobudur «symbolise l'esprit humain dans son unité comme dans sa diversité. Il est Chartres, il est le dôme du Roc, la Kaaba de La Mecque, la Thèbes antique, Delphes, Héliopolis, tous les lieux où souffle l'Esprit. Et il est également le Bouddha Lui-même». Du moins l'ouvrage lui aura-t-il donné auparavant les plus amples raisons d'admirer par quelle merveille se révèlent aujourd'hui encore les sculptures du Borobudur. Et sans doute aussi par quel miracle il parvient à rester un mystère.

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Borobudur, mandala de pierre

  • Auteur : L. Sacca
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